Kinshasa - Au moins 19 personnes ont été tuées par les rebelles des Forces démocratiques alliées ougandaises (ADF) lors d'une nouvelle attaque dans la province du Nord-Kivu, au nord-est de la République démocratique du Congo (RD Congo), ont annoncé samedi les autorités locales.
"Ce matin, nous avons découvert plusieurs corps de civils tués par les rebelles", a déclaré au portail d'information local 7sur7, Muhindo Kalunga Meso, chef du groupe de villages ruraux de Buliki, dans le territoire de Beni et où se trouve Kasanzi, le village attaqué.
"En plus des cinq morts de vendredi, 14 autres (corps) ont maintenant été retrouvés à Kasanzi. Cela porte le nombre de morts à 19 provisoirement", a-t-il ajouté.
Meso a appelé les autorités militaires à intensifier les opérations autour de Buliki, où il pense que les rebelles de l’ADF se sont cachés après avoir été pourchassés dans d'autres parties du territoire de Beni.
L'ADF a commencé sa violente campagne en 1996 dans l'ouest de l'Ouganda en réponse politique au régime du président ougandais Yoweri Museveni – qu'ils accusaient d'être contre les musulmans – jusqu'à ce que l'armée force leur retrait vers la frontière avec la RD Congo.
De là, ils font des incursions en territoire congolais, plus fréquentes et plus violentes depuis un an, profitant d'une géographie montagneuse qui leur permet de se cacher des opérations militaires et de la mission des Nations Unies dans le pays (MONUSCO), qui a plus de 14 000 soldats.
Leurs objectifs sont diffus, en plus d'avoir un lien possible avec l'organisation « djihadiste » État islamique (EI).
Selon le dispositif de surveillance Kivu Security Tracker, environ 120 groupes armés restent actifs dans l'est de la RD Congo, répartis dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l'Ituri et du Tanganyika.
En réponse à la montée de la violence, les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri sont en état de siège et sous administration militaire depuis le 30 avril.